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Pluton en maisons
 



Pluton ( Introduction aux maisons de Pluton )

On peut dire d'une manière ou d'une autre que Pluton engendre des conflits, au cours d'un transit ou d'un carré d'une planète sur le Pluton natal ou même au cours de la vie, parce qu'un événement vient totalement affecter le secteur d'une maison, et à ce moment là, il y a une crise plutonienne. Donc les conflits engendrés entre le sujet et le monde extérieur, c'est-à-dire entre le sujet et le sujet par l'intermédiaire des résistances que le monde extérieur lui oppose, peut-on déterminer que ces conflits font partie de l'identité du sujet ou pas? C'est le point pratiquement le plus important de la consultation, puisque selon la manière dont la personne vient consulter, l'astrologue se situe pour lui permettre d'utiliser son discours.

Si le sujet humain considère que les conflits qu'il traverse font partie de lui-même, constituent son identité, il va avoir tendance à cultiver un grand nombre de défenses, parce qu'il va s'identifier à ses conflits, et en s'identifiant à ces conflits, il risque de chercher des rapports de force pour en sortir, des rapports de force cultivés. Ou bien il va sombrer dans la crise émotionnelle, passive, yin, ou bien il va sombrer dans l'intimidation, l'autoritarisme pour venir à bout de ce conflit. Mais si le sujet humain considère que les conflits qui lui sont donnés ne sont que des événements, que des phases, qui n'ont pas d'autre but que d'élargir le champ de la conscience, à ce moment-là, il devient pratiquement inutile de s'approprier les conflits que l'on traverse et de cultiver les défenses vis-à-vis de ces conflits.

Pourquoi? Parce que souvent la résistance du monde extérieur, à nos souhaits, à nos décisions et à nos projets, est souvent proportionnelle aux défenses. C'est-à-dire, plus on s'oppose à l'adversité, plus cela, parfois, renforce l'adversité — cela mériterait là encore d'être développé dans d'autres cadres, mais vous savez sans doute que c'est un leitmotiv dans le taoïsme ésotérique, où l'on peut dire que le yin bien intégré absorbe l'adversité au lieu de s'y opposer.

Si les crises qui arrivent sont considérées comme des événements transitoires, c'est-à-dire que l'identité ne s'accroche pas, les crises plutoniennes peuvent amener des transformations. Donc, dans cette mesure-là, on peut dire que tous les accidents, tous les événements qui montrent les limites de l'identité personnelle peuvent être utilisés pour un élargissement et un approfondissement de la conscience à condition qu'on ne s'y oppose pas.

Une partie de la consultation devrait donc être destinée, non pas à trouver la solution du problème qui se pose, mais à justifier la présence de ce problème par rapport à une transformation de la conscience à effectuer — cette démarche étant opposée à celle que l'on trouve d'habitude où l'on ne se préoccupe pas trop de savoir pourquoi un problème est là, et on se précipite pour y trouver une solution.

Dans l'astrologie supramentale, on peut voir les choses autrement et dire qu'il faut profiter de la grâce d'un problème pour effectuer une prise de conscience que ce problème vient symboliquement susciter. À partir de là, même les événements les plus terrifiants, que l'on peut, par exemple, faire correspondre à des manifestations de l'énergie plutonienne dans sa maison natale, ou dans la maison où il transite — car c'est secondaire d'un point vue technique de considérer quel secteur est affecté puisque tous les secteurs communiquent —, donc, à partir du moment où un problème se pose, qu'on le regarde sous l'angle de ce qui se passe dans la maison de Pluton natal enfin activé par quelque chose, ou bien que l'on considère le transit du Pluton céleste dans une des maisons qui suivent la position natale où il peut rentrer en conjonction avec une planète du radical, cela est totalement secondaire. Ce qui compte, c'est ce qu'il a déclenché, et ça contamine tout le thème, toute la personne.

Ce qui est essentiel, c'est de voir si une personne, un être humain est capable de comprendre qu'un grave problème qui se pose à sa conscience est en réalité une ouverture qui se présente sous une forme déguisée. Il n'y a qu'en travaillant dans ce sens-là que l'astrologie peut devenir à la fois une thérapie — c'est-à-dire une guérison du passé, et un guide par l'utilisation des forces existentielles dans une finalité unique: la découverte de l'identité spirituelle.

Si on insiste trop sur la transformation du passé en astrologie, elle s'aligne sur des techniques thérapeutiques, on pourrait dire qu'une fois que l'identité est rapiécée par le discours de l'astrologue qui légitime certains conflits, certains blocages, il n'y a pas forcément d'évolution transcendante, il y a une réparation des énergies existentielles. Si on insiste trop sur la transformation du présent vers le futur spirituel sous prétexte de transcendance, on risque d'oublier que certains élans ne pourront pas aboutir sans que la mémoire ne soit guérie.

Dans cette mesure-là, la consultation doit servir à régler les problèmes du passé, en fonction d'une évolution spirituelle de l'identité, mais il est aussi vain de présenter la guérison du passé comme indépendante de l'évolution spirituelle, que de prétendre évoluer spirituellement en faisant abstraction de tout le contentieux des énergies subtiles. C'est-à-dire qu'à aucun moment de la consultation, il n'y a de séparation autre que factice entre le passé, le présent et l'avenir. Et à aucun moment le présent, le passé et l'avenir ne peuvent être différenciés autrement que d'une manière factice, puisque les patterns énergétiques essentiels sont intemporels, ou permanents, et qu'ils peuvent être activés dans n'importe quelle séquence chronologique, aussi la distinction passé, présent et avenir, bien que très pratique, reste très délicate à manier.

Les fonctions psychiques ne peuvent amorcer un nouveau départ que si la conscience individuelle a repéré et identifié les manifestations archaïques qui présidaient dans les cycles précédents. Le potentiel du thème ne peut donc avoir un sens que si toutes les formes d'actualisation archaïques, périmées ou primaires ont été identifiées. À aucun moment, on ne peut prédire la signification d'un aspect du thème ou d'une configuration du thème, avant d'avoir inventorié ce qu'il représente pour la personne qui utilise le schéma énergétique de ce thème.

Dans cette mesure, la consultation d'astrologie supramentale ne peut être réduite dans le temps et ne peut être ramenée simplement aux techniques connues. N'importe quelle interprétation d'un aspect du thème doit renvoyer

A/ à la position que le sujet a prise vis-à-vis de l'énergie en question, ce qui est une attitude intérieure,
B/ à la posture prise dans le maniement des événements sous cette pression astrale, ce qui relève du comportement.

Il faut pouvoir évaluer la position et la posture, et engager un dialogue.

Pour les carrés, aussi bien que pour les oppositions, les trigones, les sextiles et les conjonctions, l'identité du sujet a sans doute amalgamé les forces des énergies des planètes, en relation d'ailleurs avec l'amalgame de l'énergie élémentale, le tout se caractérisant en général par une confusion profonde dans le secteur de la maison concernée. La symbolique de la maison renvoie aux processus mentaux du sujet, qui utilise de manière inconsciente, dans chaque maison particulière, le mélange des énergies psychiques qui y convergent, c'est-à-dire le mélange des énergies symbolisées par les aspects des planètes dans cette maison. Il est tout à fait vain et prétentieux de prétendre rapidement faire l'inventaire du regard sur une maison donnée, quand on découvre que ce regard est coloré par autant de facteurs convergents, mais convergents autant dans l'inconscient du sujet par des automatismes que dans sa conscience propre.

Tous les événements désobligeants, désagréables, tout ce qui est appelé problème, tout ce qui suscite conflit et crise n'a pas d'autre finalité que de réduire le décalage entre le regard inconscient dépassé par les événements et le regard conscient du sujet dans la maison investie. Et c'est dans la lumière de cette optique que l'inventaire des processus mentaux de la personne qui vient consulter doit être fait, afin de l'amener à collaborer aux transformations qui sont nécessaires pour que toutes les formes de conflits et de problèmes constituent des aides et des guides dans son cheminement évolutif et non pas des obstacles et des obstructions.

Positions de Pluton en maisons:



Pluton en première maison.

Hypothèse privilégiée:

Une personnalité sauvage et intense mélange toutes les exigences. La brutalité n'est pas forcément violente, c'est plutôt que la conscience intérieure est soumise à une puissante incarnation dans le vital ou le mental, et que la vie semble se construire toujours en deçà des espérances du sujet, qui réagit de toute façon assez mal, que ce soit rentré ou pas. Il lui faudra donc longtemps pour comprendre que le non-moi n'a pas à s'aligner sur ses attentes, même élevées, mais qu'un immense travail intérieur doit être entrepris, ne serait-ce, déjà, que pour supporter que «rien ne soit à la hauteur» de ce que l'on souhaite. Selon les individus, le niveau des exigences peut changer, mais dans tous les cas de figure, le moi veut atteindre quelque chose d'exceptionnel, qui se dérobe. Il peut faire porter le chapeau aux autres, à l'autre, être insatiable, et trouver normal que tout lui soit donné, et mal réagir aux difficultés, qui pourtant sont nécessaires pour qu'il accepte ses limites, après avoir cru ne pas en avoir. Mais les formes sont très variables, et certaines personnes parviennent même à étouffer Pluton à l'ascendant, auquel cas, étrangement, comme les lunaires, elles s'identifient à tout en vrac, avec une puissance remarquable. Pluton pousse dans le dos, je l'ai déjà dit, mais ici, le travail à faire est de se remettre en question, tout le temps, car il y a toujours des compulsions avec cette position, arrogance, orgueil, parti pris, mauvaise foi, ou besoin de manipuler, parce qu'on sent dans le pouvoir quelque chose d'intéressant, qui semble ouvrir de nombreuses portes. Le grand moment, c'est quand on bascule, qu'on ne se sent plus poussé avec cette coercition permanente d'être obligé de forcer le pas, mais tiré par-devant, ça devient plus doux, et on découvre qu'il y a peut-être une direction qui se profile, pour ne pas être tout le temps sur la brèche, nerveusement, intellectuellement. Là, c'est un grand soulagement.

Mais ce serait une erreur de juger les gens caractérisés par cette position. S'ils se transforment, ils deviennent vite remarquables, capables d'une énergie inépuisable, ils agissent avec une conviction absolue, et ne vivent pas au ras des pâquerettes. Ils peuvent découvrir des formes d'ambition matérielle assez pures, qui découlent d'une vision spirituelle, et ils veulent des résultats. Mais il faut faire attention, car chaque être est vraiment différent de l'autre, et comme ici Pluton se trouve dans la maison de la personnalité, ce qui se lance en avant pour percevoir puis modeler la perception dans le gabarit de l'énergie du signe, des variations incroyables sont possibles, depuis l'apparente absence de pression jusqu'aux idéaux les meilleurs et les pires, car la réussite absolue sur le plan matériel, pour aboutir, doit prendre la forme d'un idéal quelque temps: tout l'être doit s'engouffrer dans cette ambition, et il la subjectivise par l'obsession et le travail. Cerner ce que l'on cherche vraiment est difficile avec cette position, parce que même des besoins différents peuvent être puissants, et frôler l'incompatibilité sans que le sujet s'en aperçoive.

Prise de conscience à effectuer:

Se libérer du mélange de volonté, d'ambition, d'insatisfaction qui pousse à ne jamais se satisfaire de ce qui arrive, et renverser le mouvement pour commencer à attendre de soi-même, en abandonnant le jugement critique sur le contexte et les autres pour le diriger sur soi. Cette politique est la même qu'en maison 12, où elle libère le moi de l'attachement à ses entreprises, mais ici le but est vraiment informel, puisqu'il s'agit de séparer l'être, l'individu, de la personnalité du moment signée par une énergie particulière, celle de l'ascendant, et qui se précipite dans le champ avec beaucoup d'intensité pour en tirer de la satisfaction. Il s'agit aussi de libérer l'ascendant de son emprise renforcée par Pluton, d'en comprendre l'énergie, de la réguler, ou la contrebalancer. Pourtant, dans ce mouvement, le moi ne doit pas éprouver l'impression qu'il s'abandonne lui-même, c'est dire que c'est un travail difficile à effectuer, parce que le sujet peut craindre l'échec. Il fait trop confiance à ses impulsions, ou au contraire s'en méfie, alternance qui guide lentement vers un équilibre. Le moi doit légitimer en lui-même cette pression plutonienne, et il vaut encore mieux qu'il l'accepte en imaginant le bénéfice ultérieur de sa transformation qu'il la renie ou s'en plaigne. Ce sont des sujets qui normalement peuvent endurer beaucoup de choses, mais qui ont du mal à hiérarchiser leur ressenti, tout étant intense, aussi bien le réel que l'imaginé, la satisfaction que le manque.

C'est une position privilégiée pour l'évolution, mais très difficile, car le moi peut accepter, finalement, des épreuves d'envergure plutôt que stagner. De toute façon, le travail permanent consiste à comprendre que le non-moi n'est pas au service du moi, qu'il existe dans une indépendance absolue, immense et nourrissante en elle-même, sans qu'il soit besoin d'en tirer un bénéfice personnel quelconque. Au bout de ce processus, une connaissance par identité est possible, une sorte de pouvoir de se reconnaître dans le réel sans qu'on tienne à y occuper une place particulière, mais cela demande un investissement prolongé et radical que peu mènent à bien, des situations gratifiantes se présentant avant, fondées sur une compétence et un pouvoir uniques qui soulagent le sujet qui peut s'y arrêter.



Pluton en maison 2.

Hypothèse privilégiée:

S'il n'y a pas de planète depuis l'ascendant, il se pose les mêmes problèmes qu'en I, avec un accent peut-être sur les insatisfactions matérielles, ou des problèmes avec le corps physique. Vers le milieu du premier cadran, cette position remet en question toute la subjectivité, comme si l'individu devait un jour ou l'autre renoncer à une approche concrète des choses, laisser le pragmatisme instinctif ou calculé de côté pour prendre de la hauteur, désamalgamer sa personnalité, de son corps et de son identité, les trois étant confusément homogènes. Ce que tire à lui le sujet légitimement, dans ce secteur d'appropriation, peut lui résister ou plutôt présenter des faces cachées, avec beaucoup de conséquences indésirables sur le plan intérieur, quel que soit le bénéfice extérieur apparent, puisque Pluton nous force à l'appropriation avant d'en montrer les limites. C'est donc ici, en quelque sorte, sa position privilégiée pour nous pousser à la jouissance du pouvoir concret. S'il y a des signifiants entre lui et l'ascendant, ils prendront une importance toute particulière, puisqu'ils devront servir la perception énergétique du moi conforme au signe ascendant sans être contaminés par la «faim plutonienne», qui s'exerce de manière globale en renforçant les mécanismes inconscients. Enfin, cette position renforce l'axe, si la 8 est occupée, et là, le lâcher prise absolu est exigé pour accepter que le réel soit si peu conforme aux attentes, le temps de faire germer les virtualités qui s'opposeront à la main mise des événements peu gratifiants.

Prise de conscience privilégiée:

L'incarnation présente met l'âme au défi d'abandonner les représentations subjectives de l'existence, comme étant un faire-valoir. Le repositionnement n'est pas évident car le monde concret est investi d'une symbolique sacrée, ou en tout cas trop forte par rapport aux valeurs à donner à la vie comme tremplin spirituel. Pourtant les qualités sont là, dans la reconnaissance naturelle de l'existence comme quelque chose d'essentiel. C'est plutôt la manière de ramener à ses propres objectifs les choses qui pêche par implication trop étroite et engagement pratique, au détriment d'une vision panoramique, universelle, incontestable. Les besoins et les désirs doivent sans cesse être différenciés, puisqu'ils se mélangent, et des besoins plus profonds peuvent surgir, comme prendre du recul sur le monde concret dans son ensemble, comprenant le corps physique et les besoins matériels. Malgré le handicap de départ, les transformations sont ouvertes et permanentes, c'est la distance entre le moi et le non-moi qui doit se relâcher, pour les montrer comme deux partenaires indépendants, et non pas comme des forces entremêlées, sans quoi seuls les mauvais ressentis plutoniens persistent, et c'est donc vraiment la maison où le sujet doit en premier lieu abandonner (comme en 8) l'idée d'être victime. Dans cet axe, ce peut être difficile à cause des événements eux-mêmes, mais c'est ainsi que la conscience supérieure se découvre elle-même, en balayant l'idée de souffrir et ses justifications opiniâtres, pour accepter tout ce qui fait partie du chemin. Si cette prise de conscience est obtenue, Pluton en deux accélère les remises en question individuelles, et les freine dans le cas contraire.



Pluton en maison 3.

Hypothèse privilégiée:

Dans cette maison de l'ouverture à l'entourage immédiat, Pluton peut jouer des tours au sujet, en le focalisant de manière exagérée sur les attentes vis-à-vis de ceux qui partagent le contexte de près, et qui peuvent être «banalisés» dans leurs rôles et fonctions, voire récupérés. Mais on peut toujours en revenir à l'évidence pour les signifiants dramatiques, et se dire que Saturne et Pluton doivent bien se trouver quelque part ! (C'est comme si l'exigence du cosmos devait être représentée de toute façon, et ensuite seulement être appréhendée à partir d'un prisme particulier, celui de la maison). C'est une position intéressante, car la maison trois fournit une réelle approche du champ par l'immédiateté, et ici, au moins, Pluton est toujours en prise directe avec ce qui se passe, d'une façon plus sournoise et moins puissante que dans la plupart des autres secteurs. Il est réveillé par les insatisfactions quotidiennes, les relations mauvaises, les jugements sur soi négatifs, qui proviennent des autres ou du moi lui-même s'il se déçoit. Il s'agit de l'empêcher d'occulter la maison 9, parce que la troisième avec lui est très prégnante: il s'y inscrit le tissu permanent et superficiel de la relation au non-moi, avant les grands clivages qui arrivent en 6. Donc, comme pour l'ascendant, on peut dire que Pluton en trois peut engendrer une révision profonde de la «perception», c'est-à-dire de la manière générale dont est spontanément avalé le non-moi par le sujet. Selon les signes, leur énergie sera à revoir, afin qu'ils s'emparent moins du moment et se tournent vers les questions propres à la maison trois, l'utilité véritable des relations, l'usage de son emploi du temps, la représentation du «présent», tout ce qui fait adhérer le moi au non-moi d'une manière si évidente qu'il risque de ne jamais la remettre en question.

Prise de conscience privilégiée:

Le présent n'a pas à se transformer par définition en «bien personnel». Il s'agit moins de le conquérir que de le découvrir, et s'ouvrir à la possibilité qu'il donne beaucoup sans qu'on s'en rende compte, parce qu'on est trop exigeant sur les objets qu'il doit fournir, et pas assez attentif dans l'observation de ce qui ne correspond pas aux attentes. C'est une très belle position, pour ressentir, après transformations des scories et des mémoires négatives, le présent comme puissance de transformation. Et c'est justement parce que cette possibilité est très utile sur le plan évolutif que le prix à payer semble cher, car la force plutonienne du bas cherche à instrumentaliser le vécu par rapport à des ambitions trop étroites, alors que celle du haut, profondément involuée, recherche l'identité du sujet dans un maintenant ouvert et satisfaisant. Comme partout, Pluton souligne certaines contraintes, et il s'agit ici de se libérer de l'influence rampante du milieu et de comprendre la véritable nature des liens créés par les circonstances contingentes. Comme en maison 6, le contexte est ici prégnant, mais dans une sorte de «bulle subjective» que Pluton peut crever à travers différentes manœuvres comprenant échecs et déceptions au sein de son milieu relationnel immédiat. Les affects primaires peuvent être triturés, comme les liens à la famille, ce que l'on retrouvera aussi dans la maison suivante.



Pluton en maison 4.

Hypothèse privilégiée:

Le sujet ne se reconnaît pas dans les valeurs de son milieu familial, quels que soient les sentiments qui l'animent, et il est en butte à la désapprobation des proches quand il manifeste qu'il «cherche autre chose». Étant donné que les Angles ne démentent jamais leur puissance, autant regarder de près ce que représente le FC pour le sujet avec Pluton en quatre. Il se peut que les racines se dérobent, que les valeurs qui apparaissent semblent insuffisantes, tandis que la critique du milieu ambiant ne mène nulle part par la simple opposition de principe. C'est donc une figure astrale qui oblige à creuser en profondeur, en premier lieu pour identifier et reconnaître sa propre singularité, afin de l'accepter, quelles que soient les conséquences dans le milieu familial pour les jeunes. Justement, par la symbolique même de Pluton, des épreuves jalonneront la route pour affirmer cette singularité, ce qui lui donnera aussi son prix, sa force, et sa légitimité. C'est une position dans laquelle les valeurs que l'on défend, surtout si elles sont transcendantales, dérangent et suscitent de l'adversité même chez des personnes que l'on croit gagnées à sa cause, puisqu'il faut déraciner le passé et ses identifications, et tenter autre chose. L'enracinement ne se produit pas dans les valeurs contingentes, même révisées par l'individu, aussi doit-il s'enquérir de tous les modes de pensée disponibles et comparer les voies pour déchiffrer sur de nombreuses cartes quel peut être son itinéraire. Le refus des valeurs toutes faites ne fournit pas celles qu'il est nécessaire de créer, et souvent les obstacles montreront le chemin, puisque l'individu comprendra, avec cette position, qu'il est réellement seul dans sa quête, qui se dresse contre toutes les autorités fallacieuses certifiées conformes. Le fait de devoir trouver ses racines soi-même, en doutant de pouvoir les partager ensuite, oblige à une excellente désidentification du non-moi, et à prendre du recul sur le milieu, les relations faciles, l'approbation d'autrui. Si le moi n'a pas le courage de cette démarche, il risque de s'arrêter en chemin et de tomber sur un système sectaire ou fermé qui le rassure, non-conformiste en apparence, mais où les structures récupéreront sa peur ou sa fuite, ou sa solitude.

En un mot, c'est la situation privilégiée pour s'attaquer à toutes les croyances, et ne fonder son jugement que sur son expérience personnelle, conclusion logique à laquelle on peut parvenir à force de se cogner partout et d'être exclu facilement, à force de ne pas trouver sa place relationnellement et «moralement».

Prise de conscience à effectuer:

La vraie naissance est la seconde naissance, celle qui remplace le père par l'autorité intérieure et la mère par la confiance dans le Divin. Pluton, tout en bas, met en présence des univers archaïques formés par la pensée et les habitudes tribales pour maintenir l'être humain dans une nasse de représentations bien établies, qui l'enserrent dans un carcan qu'il prendra plaisir à démystifier. Les racines doivent être seulement des repères et non pas des béquilles pour éviter de marcher seul et de former ses propres valeurs. Les racines peuvent être verticales, plantées en haut, à l'image d'un mythe ésotérique où l'arbre essentiel monte ses racines vers le ciel tandis qu'on en récolte les feuilles. L'indépendance d'esprit est encouragée par cette position, car les identifications «tribales» ne fonctionnent pas et apportent des déceptions. Au lieu de chercher un meilleur clan, ce qui ne ferait que pousser le problème devant le soi, il s'agit de trouver le sens qu'on veut donner à sa présence dans l'existence, au-delà des formes, des modes, des influences. Ne pas trouver de havre permet de mieux cerner ses véritables besoins, et même si le chemin paraît long, c'est celui d'une individuation complète, purgée des croyances et des imitations. Le travail effectué ici facilite le passage en maison 5, en donnant à la liberté de penser une profondeur incontestable.



Pluton en maison 5.

Hypothèse privilégiée:

Utiliser les insatisfactions permanentes concernant son expression personnelle pour identifier une vision nouvelle de l'identité. Il est possible d'utiliser toutes les circonstances qui semblent brider le besoin de liberté et d'indépendance pour déterminer un meilleur usage de son expression personnelle.

Dans cette mesure, de nombreuses confusions persistent entre le besoin de s'exprimer pour soi-même et la possibilité de s'exprimer en fonction de ce que les autres ou le milieu attendent. Il est probable que les manières trop subjectives de vivre sa liberté et l'expression de soi-même, engendrent suffisamment d'échecs ou d'humiliations pour que le moi cerne avec plus de rigueur comment il peut être utile à l'univers en développant de la manière la plus authentique ses qualités personnelles.

Même si nous n'interprétons pas la position de Pluton en signe, par analogie avec la maison cinq, la fonction solaire d'une personne qui possède Pluton dans cette maison sera décisive pour comprendre les mécanismes inconscients relatifs à la recherche de la liberté. On peut supposer même qu'aucun individu possédant la planète Pluton en maison cinq ne sache faire face à certains événements produits par cette position s'il n'a pas entièrement rectifié l'idéal de sa propre identité. Inversement, tous les événements apparemment négatifs qui peuvent être suscités par Pluton en maison cinq (réactivité systématique, attachement archaïque à la liberté intempestive, ou sentiment de se sentir enfermé) doivent pousser le sujet dans ses retranchements, jusqu'à ce qu'il comprenne que les limites auxquelles il se heurte proviennent seulement d'une relation fausse qu'il entretient vis-à-vis de lui-même.

Prise de conscience à effectuer:

Bien qu'en définitive on puisse toujours ramener le problème de l'utilisation des fonctions psychiques à celui de l'identité, il est clair que Pluton en maison cinq représente de la manière la plus concentrée, la plus symbolique et la plus simple, la question de l'identité personnelle.

À chaque instant, avec cette position, la personne cherche à s'identifier à une «liberté» qu'elle possède déjà (avec des risques alors d'abuser de son pouvoir) ou qu'elle recherche avec des moyens souvent confus ou conflictuels, qui permettent de se confronter à ce qu'il y a d'archaïque dans la volonté de puissance de l'ego.

Pluton en maison cinq est donc:

A) soit un raccourci pour découvrir que le seul pouvoir véritablement authentique est celui de l'identité spirituelle inconditionnée, le Soi, ou encore l'être psychique,
B) soit le chemin des écoliers pour toujours cultiver les besoins et les désirs gratifiants de la personnalité, avec le risque d'étouffer l'éveil de l'âme dans la satisfaction abusive de toutes les prérogatives personnelles.



Pluton en maison 6.

Hypothèse privilégiée:

Pour obliger l'individu à comprendre qu'il fait partie d'un Tout qui le dépasse, Pluton en maison six met toujours le sujet en demeure de découvrir comment il est relié aux autres dans sa structure écologique, dans un cadre plus large que celui de la maison 3, puisqu'ici le non-moi demande une participation au moi. Le milieu l'utilise dans de tâches ordinaires s'il ne sait employer les maisons 2 et 10. Et même dans ce cas, la maison six représentera un test entre la 5 et la 7, où le sujet sera soumis à l'épreuve d'aborder le non-moi à travers le non-gratifiant: points faibles dans le corps physique qui profitent de mauvaises circonstances pour se révéler, points faibles dans le relationnel qui peuvent forcer à une solitude sans appui, points faibles sur le plan de la compétence, qui peuvent marginaliser le sujet ou l'inférioriser socialement.

C'est une position qui peut permettre de découvrir les germes de toutes les qualités individuelles qui peuvent être utiles aux autres et au milieu. Il s'ensuit souvent une confusion puissante entre le besoin de servir les autres (besoin inné souvent inconscient) et le besoin de participer coûte que coûte au patrimoine de l'humanité.

Pluton dans cette maison difficile, puisqu'elle récapitule les acquis du moi et se tourne vers l'ensemble du non-moi à découvrir, insiste sur la nécessité d'avoir compris ce qu'est un individu (intégration des fonctions psychiques) avant de jouer à l'individu par rapport aux autres. Dans cette mesure, les échecs et les humiliations qui proviennent d'un décalage entre le besoin de servir et d'être utile et la possibilité de le faire, peuvent indiquer à l'individu que:

A) Il n'a pas encore assez mûri ses facultés d'intégration pour trouver la place qui lui correspond,
B) qu'il sous estime le sacrifice ou l'engagement personnel qui sont nécessaires pour qu'il soit reconnu par les autres dans sa fonction utilitaire.

Prise de conscience à effectuer:

Avant de projeter ses qualités personnelles dans le monde de l'autre et du non-moi collectif, il est nécessaire d'être déjà un individu afin de ne pas confondre les rôles que l'on joue avec son identité personnelle. Il s'agit en fait de ne pas trop compter sur le rôle ou sur la fonction sociale ou l'attente vis-à-vis des autres pour se découvrir soi-même en tant qu'individu, sinon une confusion s'établit, et la profondeur ne se gagne pas. Mais justement, le besoin de se projeter par rapport aux autres peut être suffisamment fort pour que des confusions subsistent longtemps entre ce que l'on est et ce que l'on fait dans le cadre d'une utilité groupusculaire, familiale ou collective.

Si Pluton se rapproche à quelques degrés seulement du Descendant, il est probable que le sujet ait un problème très profond à régler entre l'identité personnelle et la reconnaissance des dépendances ou des contraintes qu'il devra reconnaître pour ce qu'elles sont, ou auxquelles il devra se soustraire. Il est probable dans ce cas que l'autre soit perçu d'une manière entièrement subjective et souvent arbitraire, avec le besoin parfois compulsif de jouer un rôle dans la relation au lieu de la laisser se former d'elle-même.



Pluton en maison 7.

Hypothèse privilégiée:

Il s'agit, cette vie-ci, de reconnaître la pérennité du partenaire affectif ou de l'ami, ce qui est difficile puisque ce partenaire représente beaucoup trop de choses simultanément, dans l'inconscient personnel. Il passe sans cesse du rôle de l'adversaire à celui de l'allié, et dans ce jeu relationnel très profond, il est possible d'observer tous les méandres de l'identité personnelle se projetant dans le cadre du partage privilégié. C'est une position qui facilité les déceptions nombreuses venant de l'autre, déceptions qui doivent pousser le moi à reconnaître qu'ils les a lui-même attirées, en choisissant inconsciemment des partenaires inadéquats, ou en étant excessivement rigide (aussi bien dans l'autoritarisme que dans la soumission) dans une relation.

Prise de conscience à effectuer:

Dans la mesure où Pluton en maison sept oblige en quelque sorte l'individu à confondre l'identité du partenaire avec le rôle qu'il joue, tous les événements relationnels seront passés au crible afin de déterminer:

A) les attentes inconscientes du sujet vis-à-vis du partenaire,
B) les attentes inconscientes du partenaire vis-à-vis du sujet.

Ces attentes inconscientes sont souvent partagées et les «enfers» qui peuvent être vécus avec cette position planétaire, représentent à l'échelle individuelle l'enfer même de la collectivité humaine où chacun ignore l'identité de l'autre parce qu'il ne l'aperçoit qu'à travers le prisme déformant du rôle ou de la fonction qu'il doit jouer.



Pluton en maison 8

Hypothèse privilégiée:

Que ce soit pour des raisons karmiques ou non, l'individu est longtemps incapable de vivre conformément à ses aspirations, s'il ne pressent pas lui-même des virages à effectuer, et c'est comme si la vie ou le destin le forçait à bifurquer en l'empêchant de continuer dans la direction événementielle qu'il a choisie. Il peut s'attacher à des objets que la vie lui dérobera, et entretenir avec la sexualité un rapport compliqué.

Pour des individus qui manquent de recul, c'est donc une position particulièrement néfaste, puisqu'il semble que tout ce qui peut être acquis peut être également, à intervalles réguliers ou non, perdu. Pour ceux au contraire qui commencent à avoir un recul suffisant sur leur propre existence, ils peuvent maintenir le cap vers une reconnaissance exhaustive de la puissance divine de l'univers. Ils comprennent que tous les obstacles qu'ils rencontrent, et qui sapent souvent une volonté personnelle trop forte, peuvent leur apprendre à s'abandonner à une volonté supérieure à la leur.

C'est donc une position qui impose soit la perte amère des choses acquises, soit au contraire la prise de conscience du merveilleux détachement qui permet de se passer aussi bien des satisfactions matérielles que du «fruit des œuvres».

Prise de conscience à effectuer:

À travers les échecs, les humiliations, l'impossibilité de conserver ce qui a été établi, à travers la perte parfois douloureuse de la sécurité, la position de Pluton en 8 permet à l'individu de comprendre le concept de «faire table rase» ou de repartir à zéro. Dans cette position, d'une manière assez analogue à celle de la maison 12, Pluton remet en cause avec une certaine intransigeance la signification de ce qui a été accumulé, aussi bien sur le plan matériel que sur le plan relationnel (maison 2 de la 7).

Il est parfaitement dangereux avec cette configuration de laisser «la poussière sous le tapis» puisque tout ce qui est d'ordre contentieux demande d'être réglé au jour le jour par le développement d'une acuité parfaite, dans le registre des relations du moi et du non-moi.

Dans les moments difficiles on peut se sentir écrasé par des événements suscités par la position de Pluton en 8, mais ce sentiment d'être soumis à la fatalité n'a pas d'autre finalité que de diriger vers la relation d'harmonie avec l'univers qui délivre du poids d'en être séparé. Le chemin est difficile à trouver, et ne s'impose jamais de lui-même, alors il faut sans cesse écarter les fausses pistes plutôt que de prétendre établir un itinéraire.



Pluton en maison 9

Hypothèse privilégiée:

Quelle que soit l'image que le sujet se fasse de lui-même, l'Univers lui demande de clarifier son être mental au-delà peut-être de l'intention qu'il en a. Sans cette clarification, Pluton en maison 9 imposera des obsessions personnelles dans la représentation du monde, un attachement archaïque à des croyances toutes faites, ou un mépris au contraire de toutes les formes idéales de la représentation de la réalité.

Des formes tout à fait contraires ou éloignées peuvent illustrer Pluton en maison 9, mais elles ramènent toutes l'individu à la nécessité de se positionner clairement vis-à-vis d'une vision du monde collective. Les articulations secrètes par lesquelles le moi s'imagine appartenir à un ensemble de valeur objective sont difficilement identifiables. D'une manière permanente, la personne qui possède Pluton en maison 9, est mise au défi de trouver une relation exacte, authentique, entre le respect des valeurs collectives et son expression personnelle. Elle peut avoir tendance à se rassurer par une obédience confuse à un ordre établi, religieux, politique, socioculturel, comme elle peut au contraire rejeter toutes formes d'inféodations à des valeurs objectives pour vivre dans un mythe entièrement subjectif de références. C'est dire à quel point des formes différentes de manifestation peuvent renvoyer au même principe fondamental:

La nécessité impérieuse de représenter le monde par rapport à soi confondue avec l'obligation de trouver sa propre vérité dans le monde extérieur.

Prise de conscience à effectuer:

Une navette permanente entre ce que le monde représente pour soi et ce que l'on représente soi-même pour le monde doit être instituée dans le fonctionnement de l'esprit. Sans ce retour qui doit s'effectuer sans effort dans le mouvement mental, Pluton en maison 9 produira toujours des relations faussées entre le sujet et le registre varié des représentations collectives de la réalité.

C'est donc une position privilégiée pour remettre en question d'une manière perpétuelle les raisons pour lesquelles on choisit une philosophie, une religion, une manière de vivre, une manière de se situer par rapport à l'ordre établi des valeurs écologiques.



Pluton en maison 10

Hypothèse privilégiée:

C'est souvent pour des raisons karmiques que Pluton occupe cette place. Le pouvoir personnel accumulé par l'âme au cours des incarnations précédentes est en prise directe avec la réalité objective et soumis donc:

A) à la possibilité d'une rectification qui s'impose
B) à s'enfler toujours davantage en risquant d'étouffer les perspectives de l'âme.

Bien que nous ne puissions pas établir comme loi générale la planète au milieu du ciel, soit la fonction psychique la mieux expérimentée par l'individu, il nous est souvent arrivé en consultation de remarquer que la planète au milieu du ciel, jusqu'à cinq ou six degrés de chaque côté, était à la fois un pouvoir inné et inconscient chez la personne qui en était dépositaire. Inné puisque la personne est perçue avec les qualités propres à cette faculté psychique par les autres, inconscient parce qu'elle-même émane ces qualités d'une manière tellement brute, primaire, archaïque ou normalisée, qu'elle n'a pas encore raffiné le matériau de cette énergie.

En ce qui concerne Pluton en maison 10, la personne est perçue comme un être de pouvoir, qu'elle ait l'intention de le manifester ou pas. Elle peut intimider naturellement et sans le savoir, on peut tout simplement et sans le comprendre craindre de lui déplaire, enfin elle est souvent prise en flagrant délit «d'obsession structurante» par ceux qui l'entourent. D'une manière ou d'une autre, Pluton en maison 10, impose les valeurs de l'incarnation objective en faisant passer le sujet par toutes les compulsions qui relèvent de l'inconscient de la matière: attachement à l'aboutissement, acharnement ou contrôle, servitude de la maîtrise, besoin grossier ou subtil de trouver une place objective parmi les autres, quitte à passer par des programmations de pouvoir ou des projets aussi subjectifs qu'arbitraires.

Pluton en maison 10 est une position privilégiée pour se confronter à toutes les résistances que le monde extérieur fournit à l'être désireux de s'affirmer, soit par l'authenticité de son âme, soit au contraire par le besoin de jouer un rôle gratifiant. Quel que soit donc l'intérêt pour l'évolution d'une personne confrontée à Pluton en 10, elle aura toujours à travailler sur ce qu'elle représente objectivement pour les autres, car elle n'est pas consciente elle-même de toute la gamme de ce qu'elle représente dans son milieu et par rapport à ses proches.

Prise de conscience à effectuer:

Un recadrage permanent de ce que l'on croit représenter pour les autres et de ce que l'on est vraiment dans le monde objectif du milieu social, de la profession, de l'environnement écologique. Tous les éléments qui semblent empêcher l'individu de trouver sa place révèlent en fait:

A) qu'il surestime ses possibilités
B) qu'il sous estime le travail à effectuer dans le monde ouvert de la société pour faire valoir ses qualités plutoniennes, si elles ont été intégrées (profondeur, autorité naturelle, rénovation).
C) qu'il ne tient pas assez compte de l'avis des autres.



Pluton en maison 11

Hypothèse privilégiée:

C'est une excellente position pour découvrir toutes les incohérences de la société et chercher à y substituer des nouvelles valeurs. Mais en revanche il est toujours très difficile de reconnaître en quoi le monde des réalités objectives concerne l'individu.

Le besoin de se relier à une collectivité peut être fort sans pour autant que le cheminement pour y parvenir soit identifiable. Le positionnement par rapport aux valeurs universelles peut être refoulé ou exacerbé, et montrer par là qu'il existe un besoin inconscient très profond de savoir se relier à l'avenir du monde.

Bien que par rapport à d'autres maisons, Pluton en 11 soit en quelque sorte «innocent», il est probable que sa position transforme toute la symbolique de la maison 11, si une ou plusieurs autres planètes s'y trouvent. Ici, Pluton, peut souligner le manque à gagner entre l'individu et le cosmos, et il peut permettre l'émergence d'une aspiration profonde à une participation holistique du sujet en excitant les réactions négatives de la sensibilité devant l'ignominie des agissements collectifs humains. Par des mécanismes de déception, de crise, de négligence existentielle, de refus global de la réalité collective, Pluton en maison onze montre la pénurie des institutions humaines et peut susciter l'aspiration à les transformer, comme il peut provoquer l'abandon de toute référence objective et engloutir le moi dans son propre univers matériel et obscur dans quelque nouvelle mode existentielle frelatée.

Prise de conscience à effectuer:

Si l'intégration des fonctions psychiques s'est effectuée dans le moi, le rôle à jouer dans le monde peut toujours témoigner de la qualité essentielle de l'être à chaque transformation chronologique. Il n'y a finalement que les personnes profondément individuées (au sens de Jung) qui peuvent assumer en toute lumière l'exigence d'un Pluton en maison 11, qui leur permettra alors d'avoir un rôle novateur dans leur milieu, nouveau et reconnu, puisqu'ils se seront délivré des manifestations plutoniennes archaïques du pouvoir personnel.

Si nous prenons donc les choses à partir de l'involution divine, on peut affirmer que le sens de Pluton en maison 11 est de permettre à des individus qui ont intégré les fonctions psychologiques subjectives de les exprimer dans la lumière et la transparence, dans le monde objectif qui leur reste à transformer. Tous les échecs et les humiliations qui sont redevables à la position de Pluton en 11, peuvent amener cette question: comment devenir un individu universel...



Pluton en maison 12.

Hypothèse privilégiée:

Le sujet a reçu un immense héritage, pour le meilleur et pour le pire. En quelque sorte, il y a pas mal de dettes, mais il reste une belle propriété à sauver, si l'on a le courage de s'attaquer au passé, sous toutes ses formes. Ce peut-être le passé familial, tribal, ou karmique, qui s'oppose à un besoin violent de vivre une vie intense, mais tous les plans de cette intensité ne sont pas parfaitement mis à jour, et à l'aspiration pure se mêlent d'autres matériaux plus archaïques, comme des modèles d'insatisfaction dans différents secteurs, que le moi croit pouvoir longtemps justifier par son besoin d'avancer. Il y a là, naturellement, une grande confusion, puisque l'insatisfaction doit être vécue intérieurement, comme l'aiguillon pour évoluer, et non pas comme un moyen pour mépriser les autres, les accuser de ses propres maux, ou se plaindre de sa difficulté à atteindre les buts qui ont été fixés. C'est donc une position qui permet rapidement de voir que la liberté dont on se prévaut se heurte à différentes autorités qui la mettent à l'épreuve, et les circonstances ne servent pas forcément longtemps le sujet, et quand les choses lui échappent, s'il ne l'accepte pas pour une remise en question de l'ensemble de ses ambitions, il se heurte davantage encore à ses propres limites, qui reviennent le frapper de plein fouet s'il s'acharne, d'autant que dans cette position, le moi est souvent sensible à l'échec, ce qui n'arrange rien, évidemment. Le sujet peut être très exigeant vis-à-vis de lui-même, sans pour autant savoir nuancer et distribuer cette exigence dans sa vie, son relationnel, et il a quand même tendance à attendre trop de ce qu'il veut, et à forcer les événements en sa faveur, comme s'il restait quelque peu insensible à l'idée que l'univers peut attendre de lui autre chose que ce qu'il a décidé lui-même, souvent de manière péremptoire, car Pluton pousse le sujet dans ses retranchements, souligne ses échecs, et le moi peut s'obstiner à refuser l'autorité du Tout, et à vraiment lâcher prise. On peut trouver aussi des contrefaçons du détachement, une manière intellectuelle d'accepter les faits, qui n'est pas suivie par la personnalité, comme s'il y avait vraiment un immense décalage entre les prétentions de l'individu et ses capacités de les mener à bien. De nombreuses erreurs découlent d'une fausse conception de l'autorité, que ce soit celle de la vie, du Divin, ou des autres, ou de l'exercice de son propre pouvoir, qui cherche à colmater des peurs refoulées.

Prise de conscience à effectuer:

Adopter un profil bas, qui provisoirement va donner l'impression qu'on perd la saveur de son pouvoir sur la vie, mais qui va amener plus tard la possibilité d'accepter les situations difficiles, être moins attaché au résultat de ses entreprises, cesser de monter en épingle ce qui s'oppose à soi-même, et rechercher comment décanter cette insatisfaction profonde, plutôt que la nourrir dans de nombreuses directions où l'on s'implique pour donner le change. Accepter la pression de l'évolution sur sa personne, mais comprendre qu'elle n'est pas personnelle, qu'un défi se présente, faire face à de nombreuses situations qui ne correspondent pas longtemps à ses attentes, et en tirer une plus grande profondeur intérieure, plutôt qu'une substitution permanente de projets pour meubler la poussée qu'on subit. Accepter les transformations, en sachant qu'en partie, elles ne peuvent pas être contrôlées, mais appartiennent à des univers légers qui nous appellent, et nous nourrissent dans un plus grand lâcher prise. Remettre en question sa personnalité autant que ses actes, quitte à tomber sur des scories qui se présenteront comme des adversaires pendant un temps.